Bactérie
Pseudomonas aeruginosa : symptômes, risques et prévention
Mis à jour le · Par la rédaction de Santé à la Loupe
Pseudomonas aeruginosa, aussi appelé bacille pyocyanique ou pyo, est une bactérie très répandue dans l'air, l'eau et les milieux humides. Elle ne devient dangereuse que chez les personnes fragilisées ou lorsqu'elle trouve une porte d'entrée comme une plaie ou une brûlure.

Pseudomonas aeruginosa, que l'on appelle aussi bacille pyocyanique ou simplement pyo, est une bactérie très répandue dans l'environnement: l'air, le sol, les surfaces mal nettoyées, les endroits humides comme la tuyauterie, les conduits d'eau et les robinets. Chez une personne dont les défenses fonctionnent bien, elle passe le plus souvent inapercue. Elle devient dangereuse quand le système immunitaire est affaibli, ou quand elle trouve une porte d'entrée: une brûlure, une plaie, un geste de soin.
D'après l'enquête nationale de prévalence 2022 de Santé publique France, elle représente 6,93 % des micro-organismes isolés lors d'infections contractées à l'hôpital, ce qui la place au quatrième rang, derrière Escherichia coli, le staphylocoque doré et l'entérocoque. Ce n'est pas la plus fréquente, mais c'est l'une des plus difficiles à traiter, et c'est ce qui explique qu'on la surveille de si près.
Pseudomonas aeruginosa: qu'est-ce que c'est ?
Pseudomonas aeruginosa est une bactérie dite ubiquitaire, c'est-à-dire présente à peu près partout dans l'environnement de vie. Elle est aérobie, donc elle a besoin d'oxygène pour se développer, et elle appartient au groupe des bactéries à Gram négatif. Elle résiste remarquablement bien en milieu hostile.
Le surnom de bacille pyocyanique vient de la forme allongée du germe, un bacille, par opposition aux bactéries rondes. Ce germe ne s'installe pas au hasard. Il colonise surtout les organismes dont la défense immunitaire est défaillante. Les personnes atteintes de mucoviscidose, celles qui bénéficient d'une ventilation mécanique, celles qui ont déjà une infection pulmonaire sont décrites comme nettement plus exposées.
Un point mérite d'être signalé, parce qu'il pèse lourd: cette bactérie joue aussi un rôle dans la prolifération des germes d'autres maladies, notamment pulmonaires. Elle fragilise donc doublement les patients déjà atteints.
Où se cache le pyocyanique, et qui risque le plus ?
Une infection à pseudomonas aeruginosa contractée en milieu de soins reste le cas de figure le plus fréquent. Le personnel soignant, les outils de soin, l'équipement médical dans son ensemble peuvent servir de relais si l'hygiène n'est pas irréprochable. Les établissements de santé cumulent, de fait, un risque élevé.
Mais le pyo ne vit pas qu'à l'hôpital. Les saunas, les piscines non traitées, l'eau, les fruits et légumes du jardin non lavés figurent parmi les autres facteurs de risque cités. C'est d'ailleurs l'une des bactéries recherchées lors des analyses microbiologiques réalisées sur un échantillon d'eau. Une blessure, une brûlure ou un bain chaud peuvent suffire à créer l'occasion.
Le mode de transmission d'une personne à l'autre est décrit comme plutôt discret, ce qui le rend d'autant plus sournois: on ne le voit pas venir. Comme pour les autres infections bactériennes, tout se joue sur la rencontre entre un germe présent partout et un organisme momentanément vulnérable.
Quels sont les symptômes d'une infection à pyo ?
Ils changent complètement selon l'endroit touché. Les symptômes d'une infection à bacille pyocyanique peuvent d'ailleurs être confondus avec ceux de nombreuses autres infections à bactéries Gram négatif, ce qui rend l'examen indispensable.
| Localisation | Ce qui est décrit |
|---|---|
| Oreille, otite dite des piscines | Douleur, démangeaison, écoulement de l'oreille touchée |
| Voies urinaires | Douleur en urinant, écoulement purulent, sang dans les urines |
| Appareil digestif | Diarrhée, mal de ventre |
| Peau et tissus mous | Abcès, furoncle, folliculite, et parfois un ongle qui vire au vert, à ne pas confondre avec une mycose de l'ongle |
| Poumons, valves cardiaques | Pneumonie, bronchite, toux fatigante et déchirante |
| Os | Enflure, rougeur, fièvre, douleur dans l'os touché |
| Circulation sanguine | Forte fièvre, ou au contraire température qui chute sous 36 °C, ce qui est tout aussi préoccupant |
| Yeux | Atteinte de la vue, signes visibles |
Une lésion cutanée particulière, l'ecthyma gangrenosum, est également associée à cette bactérie. Elle débute par une tache rouge ou violacée, indolore au début, se transforme en cloque, puis creuse un ulcère au centre noirâtre entouré d'un halo rouge. Elle survient presque toujours chez une personne aux défenses très affaiblies, et signale le plus souvent que la bactérie est passée dans le sang. Une lésion de ce type ne s'observe pas : elle s'amène aux urgences le jour même.
Quand une atteinte urinaire est en cause, les signes ressemblent à ceux que l'on retrouve dans une infection urinaire ordinaire, ce qui explique qu'on ne puisse pas trancher sans analyse. Le laboratoire travaille à partir de prélèvements de liquides biologiques, souvent une culture réalisée sur un échantillon de sang, pour identifier le germe et établir un antibiogramme.
Traitement: antibiotiques, résistance et chirurgie
L'antibiothérapie reste la voie principale. Ce germe résiste beaucoup, mais pas à tout: il reste sensible à plusieurs molécules, et c'est précisément ce que l'antibiogramme permet de repérer. Le médecin choisit alors en fonction de ce résultat et du type d'infection.
La résistance du pseudomonas aeruginosa aux antibiotiques oblige parfois à combiner plusieurs familles de molécules. Les classes citées comprennent les carbapénèmes, la ceftazidime, les fluoroquinolones et les aminosides. Dans les cas les plus difficiles, une nouvelle culture est demandée pour repérer les classes réellement efficaces et construire une bithérapie ou une trithérapie. La chirurgie peut compléter le traitement selon le foyer infectieux concerné. Les recherches en cours portent sur le mode de fonctionnement du bacille, pour mieux le contrer.
Aucun dosage, aucune durée ne sont indiqués ici, et ce n'est pas un oubli: ces décisions dépendent de l'antibiogramme, du foyer touché et de l'état de la personne. Elles appartiennent au médecin.
Comment limiter le risque ?
Prévenir une contamination par le bacille pyocyanique repose sur des gestes d'hygiène très concrets, dont beaucoup se pratiquent aussi bien à l'hôpital qu'à la maison.
Se laver ou se désinfecter les mains régulièrement, à l'eau et au savon ou avec un gel. Bien laver les fruits, les légumes et les aliments du jardin avant de les consommer. Désinfecter les blessures et éviter les brûlures. Entretenir correctement les piscines et les saunas, qui figurent parmi les réservoirs cités.
En établissement de santé, la liste est plus stricte: désinfection ou stérilisation des équipements et du matériel avant et après chaque soin, désinfection des surfaces en contact avec les patients, usage des solutions hydro-alcooliques, hygiène des mains exigée aussi des visiteurs, et interdiction des plantes dans les chambres. Le même socle de gestes protège d'ailleurs contre le staphylocoque doré et contre la plupart des germes responsables d'une infection attrapée pendant un séjour hospitalier.
Ce qu'il faut retenir tient en une phrase: cette bactérie est partout, mais elle n'entre que par une porte. Les gestes d'hygiène servent à garder cette porte fermée.
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Pourquoi certaines bactéries hospitalières résistent aux antibiotiques, et ce que cherche la recherche pour reprendre l'avantage. Le bacille pyocyanique est l'un des germes au coeur du sujet.
Questions fréquentes
Le pseudomonas aeruginosa se transmet-il d'une personne à une autre ?
La transmission directe entre personnes est décrite comme discrète, mais elle existe et elle mérite d'être prise au sérieux, car cette bactérie peut provoquer des états graves. Dans les établissements de santé, le germe circule surtout par les mains, les outils de soin et l'équipement médical mal désinfectés. C'est pour cette raison que l'hygiène des mains est demandée au personnel soignant comme aux visiteurs.
Peut-on attraper un pyo dans une piscine ou un sauna ?
Les piscines non traitées et les saunas sont cités parmi les facteurs de risque, au même titre que l'eau et les aliments du jardin non lavés. Cette bactérie apprécie les milieux humides, et on la retrouve dans les tuyauteries, les conduits d'eau et les robinets. L'otite dite des piscines, avec douleur, démangeaison et écoulement de l'oreille, fait justement partie des tableaux associés à ce germe.
Pourquoi cette bactérie est-elle si difficile à traiter ?
Le bacille pyocyanique développe une grande résistance en milieu hostile, ce qui limite le nombre de molécules efficaces contre lui. Il reste toutefois sensible à plusieurs classes d'antibiotiques, que le laboratoire identifie grâce à l'antibiogramme avant toute décision de traitement. Quand une seule molécule ne suffit pas, le médecin peut en associer plusieurs, et recourir à la chirurgie selon la partie du corps atteinte.
Cette fiche est une information de vulgarisation. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute, consultez un médecin.
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