Champignon
Mycose des ongles : symptômes, causes et traitements
Mis à jour le · Par la rédaction de Santé à la Loupe
La mycose des ongles, ou onychomycose, est une infection de l'ongle due à un champignon microscopique, au pied comme à la main. Elle commence par une coloration jaunâtre ou brunâtre, puis l'ongle s'épaissit, se déforme et finit par s'effriter.

La mycose des ongles, ou onychomycose, est une infection de l'ongle provoquée par un champignon microscopique, qui touche aussi bien les pieds que les mains. Elle commence presque toujours par une coloration jaunâtre ou brunâtre, puis l'ongle s'épaissit, se déforme et finit par s'effriter.
Repérée tôt, elle se soigne sans difficulté particulière. Laissée en place, elle s'installe en profondeur et devient longue à faire partir. C'est toute la différence entre un ongle qui change de couleur et un ongle qu'il faut amincir ou retirer.
Qu'est-ce que l'onychomycose ?
L'onychomycose, aussi appelée mycose unguéale, est une infection de l'ongle due à un champignon microscopique. Ce champignon se développe dans les endroits fermés, chauds et humides, ce qui fait de l'intérieur d'une chaussure un terrain idéal. L'infection est fréquente : les estimations situent autour de 10 % la part de la population concernée, et l'ongle du pied est bien plus souvent touché que celui de la main.
Sa fréquence augmente nettement avec l'âge, et elle touche plus souvent les hommes. Ce n'est pas une question de propreté : la circulation sanguine se fait moins bien aux extrémités, l'ongle pousse plus lentement et s'épaissit, ce qui offre au champignon le temps et l'abri qu'il lui faut. L'atteinte de l'ongle fait d'ailleurs souvent suite à une mycose entre les orteils, qui gagne l'ongle après des mois. Les sportifs souvent en contact avec l'eau sont eux aussi exposés, la prolifération du champignon s'en trouvant accentuée. Vous retrouverez le sujet dans la rubrique des infections fongiques.
À quoi ressemble un ongle atteint ?
L'atteinte est visible, et elle progresse par étapes assez reconnaissables. C'est l'ongle qui s'épaissit et se déforme qui alerte le plus souvent, mais le premier signal est déjà passé depuis longtemps.
| Stade | Ce que l'on voit | Ce que cela change |
|---|---|---|
| Début | Coloration jaunâtre ou brunâtre de l'ongle | Traitée à ce stade, l'infection se soigne facilement |
| Épaississement | Ongle de plus en plus épais, qui se déforme, parfois une odeur désagréable | La gêne devient quotidienne, notamment dans les chaussures |
| Ongle friable | L'ongle s'effrite, le champignon est installé en profondeur | Une intervention médicale devient nécessaire |
| Stade avancé | Noircissement de l'ongle, qui peut sortir de son lit | Douleur à la moindre pression, risque de voir survenir une autre maladie |
Deux points méritent d'être soulignés. La douleur ressentie quand une pression est exercée sur l'ongle infecté est l'un des symptômes caractéristiques, et elle s'accompagne d'une sensation de gêne constante. Et la couleur ou l'épaisseur ne suffisent pas à conclure : l'onychomycose peut être confondue avec d'autres maladies qui donnent le même aspect, comme le psoriasis ou la maladie de Bowen.
Pourquoi certains ongles sont touchés et pas d'autres ?
Plusieurs champignons peuvent être en cause : les dermatophytes, les levures et les moisissures. La raison la plus souvent citée reste l'âge, parce que les ongles des personnes âgées deviennent plus épais et poussent plus lentement, ce qui laisse le champ libre à l'infection.
D'autres pistes reviennent régulièrement. Une origine génétique d'abord : quand les parents ont été atteints, le risque de l'être à son tour augmente. Le pied d'athlète ensuite, puisque le champignon qui en est responsable peut gagner les ongles, et que la plupart des personnes qui en souffrent présentent aussi une atteinte unguéale. La transpiration également, parce que le champignon a besoin d'humidité : quand on transpire beaucoup, l'intérieur de la chaussure devient un milieu très favorable.
Le diabète est cité parce que les extrémités y sont particulièrement vulnérables, ce qui rend l'infection plus facile à contracter. L'affaiblissement du système immunitaire joue dans le même sens : les défenses de l'organisme baissent, les microbes s'installent plus aisément. Enfin, une transpiration excessive, appelée hyperhidrose, entretient des orteils constamment humides et crée une macération dans la chaussure qui favorise fortement l'infection.
Comment on confirme, et ce qui existe comme traitements
Les symptômes visibles sont de bons indicateurs, mais ils ne suffisent pas. Le prélèvement de l'ongle envoyé au laboratoire est ce qui permet de savoir exactement à quoi on a affaire. Il se fait par grattage ou par découpage selon les cas, et le délai dépend du champignon en cause : quelques jours pour une levure du genre Candida, mais trois à quatre semaines pour un dermatophyte, dont la culture est lente. Trichophyton rubrum est de loin le champignon le plus souvent en cause.
C'est une infection difficile à faire disparaître, non pas parce que le champignon résiste toujours, mais parce que l'ongle repousse lentement. Un ongle de main met trois à six mois à se renouveler entièrement, un ongle de pied douze à dix-huit mois : la durée du traitement suit ce rythme, pas celui des symptômes. La durée réelle de la prise en charge est fixée par le médecin, jamais par une fiche comme celle-ci.
Une fois la nature de l'infection établie, les traitements antifongiques entrent en jeu. Il en existe plusieurs molécules, dont la griséofulvine, la terbinafine, l'itraconazole et le fluconazole, la première étant moins utilisée car jugée moins performante. Certaines moisissures étant plus résistantes, un seul antifongique peut ne pas suffire, et l'association de plusieurs d'entre eux se fait uniquement sur prescription.
Le traitement est le plus souvent local, sous forme de pommade appliquée sur la zone infectée. Les travaux plus récents montrent qu'associer la voie orale à l'application locale accélère la guérison. Quand la maladie est encore peu avancée, une simple application de pommade antifongique, ou même un grattage de la partie infectée, peut suffire. Dans les formes évoluées en revanche, le retrait ou l'amincissement de l'ongle devient nécessaire pour atteindre l'infection en profondeur et rendre l'antifongique plus efficace. Des produits kératolytiques, qui éliminent la kératine dont l'ongle est constitué, servent à le ramollir et à en réduire l'épaisseur ; ils sont disponibles en pharmacie.
Un traitement mal mené expose à la rechute, et chaque récidive rend la guérison plus difficile. En fin de parcours, des produits destinés à revitaliser l'ongle améliorent son aspect et jouent un rôle d'appui contre la récidive.
Les gestes qui limitent vraiment le risque
La prévention est ici plus payante que le traitement, parce qu'elle coûte peu et qu'elle agit sur ce qui nourrit le champignon : l'humidité et la chaleur.
Choisissez des chaussettes en fibres naturelles comme le coton, et évitez d'en porter en nylon trop souvent. Changez-en tous les jours, et lavez-les à 60 degrés, comme les tapis de bain : en dessous de cette température, les spores survivent au lavage. Privilégiez des chaussures dans lesquelles le pied respire, en particulier quand l'activité prévue fait transpirer, et écartez les modèles trop serrés. Séchez-vous soigneusement en sortant de la douche, sans oublier l'espace entre les orteils.
Quelques règles de partage complètent le tableau. Évitez de marcher pieds nus sur un tapis de bain, n'utilisez pas de serviette commune, même au sein d'une même famille, et portez des sandales dans les lieux publics, car les moisissures passent d'une personne à l'autre. Cette logique de barrière rejoint celle décrite pour les infections contractées en milieu de soins. Faites enfin vérifier régulièrement votre santé générale, l'affaiblissement immunitaire facilitant le développement des champignons.
Une atteinte de la peau qui démange et se déplace sans toucher l'ongle relève d'un tout autre chapitre, celui des plaques mouvantes de l'urticaire. Pour savoir comment ces fiches sont écrites, voyez qui tient ce guide.
Un dernier repère : si un ongle change de couleur et que vous hésitez, regardez les autres orteils et les plis entre eux. C'est souvent là que l'histoire a commencé.
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Pourquoi une mycose de l'ongle résiste si longtemps, et ce que change la vitesse de repousse de l'ongle dans la durée du traitement.
Questions fréquentes
La mycose des ongles est-elle contagieuse ?
Elle se transmet bien d'une personne à l'autre, et c'est la raison pour laquelle les mesures de partage comptent autant. Les moisissures passent par les surfaces humides et les objets communs : tapis de bain, serviettes partagées, sols des lieux publics où l'on marche pieds nus. Porter des sandales dans ces lieux, réserver sa serviette à son usage personnel et laver le linge à 60 degrés, température en dessous de laquelle les spores survivent réduisent nettement le risque de transmission.
Combien de temps faut-il pour qu'un ongle atteint redevienne normal ?
La disparition de l'infection n'est pas immédiatement visible, parce qu'il faut attendre que l'ongle sain repousse et remplace la partie abîmée. Comptez trois à six mois pour un ongle de main, et douze à dix-huit mois pour un ongle de pied, dont le renouvellement est bien plus lent. Ce délai explique pourquoi l'arrêt prématuré de la prise en charge expose à la rechute, chaque récidive étant plus difficile à traiter que l'épisode initial. Seul le médecin qui suit le dossier fixe la durée à respecter.
Peut-on confondre une mycose de l'ongle avec autre chose ?
Oui, et c'est précisément pour cela que l'examen visuel ne suffit pas à conclure. Un ongle épaissi, décoloré ou déformé peut relever d'autres affections qui donnent le même aspect, comme le psoriasis ou la maladie de Bowen. Le prélèvement de l'ongle, réalisé par grattage ou par découpage puis analysé en laboratoire, est ce qui permet d'identifier le champignon responsable, ou d'écarter la piste fongique. Le délai de résultat varie selon l'agent en cause, quelques jours pour une levure du genre Candida, mais trois à quatre semaines pour un dermatophyte, dont la culture est lente.
Cette fiche est une information de vulgarisation. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute, consultez un médecin.
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