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Bactérie

Infection urinaire : symptômes, causes et quand consulter

Mis à jour le · Par la rédaction de Santé à la Loupe

Une infection urinaire est le plus souvent une cystite, c'est-à-dire une infection de la vessie due à une bactérie, qui se manifeste par des brûlures en urinant et des envies fréquentes et pressantes. Elle devient sérieuse dès qu'apparaissent fièvre et douleurs dans le dos.

Infection urinaire : symptômes, causes et quand consulter

Une brûlure au moment d'uriner, une envie d'aller aux toilettes qui revient sans arrêt de jour comme de nuit, des urines troubles et malodorantes, parfois une pesanteur dans le bas du ventre : ces signes évoquent en premier lieu une infection urinaire. La bactérie Escherichia coli est en cause dans la grande majorité des cas, et les femmes sont nettement plus touchées que les hommes.

Une infection urinaire est une atteinte de l'appareil urinaire par un germe, le plus souvent une bactérie. Elle se manifeste très souvent par des brûlures ou des douleurs au moment d'uriner. Les organes concernés sont la vessie, l'urètre, la prostate et les reins.

Quels signes doivent faire penser à une infection urinaire ?

Ils ne sont pas les mêmes selon l'organe touché. C'est la première chose à comprendre, car un simple inconfort en urinant et une fièvre avec douleur lombaire ne racontent pas la même histoire.

LocalisationCe que l'on retrouve souvent
Cystite et urétriteBrûlure ou forte douleur au moment d'uriner, envie constante d'uriner de jour comme de nuit, hématurie (présence de sang dans les urines), pollakiurie (mictions très fréquentes et peu abondantes), urines troubles et fétides, troubles digestifs surtout chez les personnes âgées, pesanteur du bas ventre et douleurs lombaires
ProstatiteFièvre élevée, au-dessus de 38 °C, avec frissons, difficultés à uriner, écoulement purulent au niveau du méat urinaire, urines troubles et nauséabondes, douleurs articulaires dans la forme aiguë
PyélonéphriteFièvre élevée avec frissons, vive douleur du bas du dos ou des organes sexuels, vomissements, état général altéré, auxquels s'ajoutent les signes d'une cystite

Deux populations lisent mal ces signaux. Les personnes d'âge avancé ne présentent presque plus de symptômes permettant de repérer l'infection. Et chez le nourrisson, les manifestations sont beaucoup plus discrètes : refus de s'alimenter, fièvre, troubles gastro-intestinaux. Chez l'enfant plus grand, on décrit de la fièvre, des pleurs au moment d'uriner, une énurésie (pipi au lit) ou de simples maux de ventre.

Cystite, urétrite, prostatite : les formes de l'infection

Le vocabulaire médical change de nom à chaque étage de l'appareil urinaire. Voici de quoi s'y retrouver.

NomOrgane touchéCe que le texte source en dit
UrétriteL'urètre, le conduit qui évacue les urines de la vessie vers l'extérieurSouvent liée à une infection sexuellement transmissible
CystiteLa vessie, où les urines sont stockéesLa plus connue des infections urinaires féminines : d'après l'Assurance maladie, une femme sur deux connaît au moins un épisode de cystite aiguë au cours de sa vie, avec Escherichia coli comme agent en cause
ProstatiteLa prostate, située juste sous la vessieRangée parmi les maladies sexuellement transmissibles, causée par une bactérie après un rapport par voie anale ; chez l'homme âgé, elle est rattachée à une infection des urines
PyélonéphriteLes reins et le bassinetRencontrée chez l'homme, chez la femme et plus fréquemment chez la femme enceinte, ainsi que chez l'enfant porteur d'une malformation de l'urètre ; elle fait suite à une infection bactérienne, à une malformation ou à une cystite résistante, non traitée ou mal traitée
OrchiteLes testiculesTrouble génito-urinaire d'origine bactérienne ou virale, la forme virale liée au virus des oreillons étant la plus fréquente

Ces atteintes sont même les infections attrapées en milieu de soins les plus fréquentes : d'après l'enquête nationale de prévalence menée par Santé publique France en 2022, elles représentent 28 % des infections nosocomiales recensées, devant les pneumonies. Attention à ne pas lire ce chiffre de travers : c'est une part des infections, pas une proportion de patients hospitalisés.

Attention à ne pas confondre deux situations proches : des brûlures en urinant évoquent une infection urinaire, alors que des démangeaisons et des pertes blanches épaisses orientent plutôt vers une mycose vaginale.

Pourquoi les femmes sont-elles bien plus touchées ?

Pour une raison d'anatomie, essentiellement. Chez la femme, le méat urinaire est très proche de l'anus, ce qui rapproche mécaniquement les entérobactéries de la porte d'entrée. Ajoutez un urètre nettement plus court que celui de l'homme, quelques centimètres contre une vingtaine, et les bactéries atteignent vite la vessie. C'est aussi pour cela que le sens de l'essuyage après les selles compte : d'arrière en avant, il ramène les germes vers le méat. L'usage de tampons et de diaphragmes est également cité comme facteur d'exposition.

Chez l'homme, les origines décrites tiennent davantage à l'activité sexuelle, notamment les rapports par voie anale, et, avec l'âge, aux troubles urinaires et à l'hypertrophie de la prostate. Chez l'enfant, l'infection est très souvent le résultat d'une malformation anatomique de l'appareil urinaire.

Le germe principal reste Escherichia coli, une entérobactérie à bacilles Gram négatif présente dans le tube digestif de l'être humain comme de l'animal. Les urines sont stériles, mais elles constituent un excellent milieu de culture pour ce type de bactérie. D'autres germes sont retrouvés : Proteus mirabilis, les gonocoques, Klebsiella, Staphylococcus saprophyticus et les chlamydiae. Le genre des staphylocoques fait l'objet d'une fiche dédiée, celle du staphylocoque doré, et le tour d'horizon complet se trouve du côté des infections d'origine bactérienne.

L'alimentation est aussi mise en cause pour E. coli : viandes insuffisamment cuites, manipulation des viandes lors du dépeçage par une personne infectée, produits laitiers crus ou non pasteurisés, fruits contaminés, contact avec des excréments humains.

Sur la part exacte d'Escherichia coli, les chiffres publiés varient selon le type d'infection et la population étudiée. Les références françaises retiennent une fourchette de 70 à 95 %, et l'Assurance maladie situe la cystite aiguë simple autour de 90 % des cas. Retenez l'ordre de grandeur plutôt qu'un pourcentage précis : dans la très grande majorité des infections urinaires, la bactérie en cause vient du tube digestif.

Comment on la confirme, et ce qui aide à ne pas la revoir

Le diagnostic ne se pose pas au ressenti. Des examens précis, bandelette urinaire et ECBU (examen cytobactériologique des urines), permettent d'identifier le germe responsable. Vient ensuite l'antibiogramme, un test qui indique quelles molécules ce germe précis supporte ou non.

Le traitement est médicamenteux et repose sur les antibiotiques, choisis par le médecin après cet examen, précisément pour éviter les situations de résistance. Selon les cas, un antiseptique urinaire, une forme en dose unique, une association de molécules ou une administration par voie intraveineuse sont décrits. Rien de tout cela ne se décide sans ordonnance, et la prise doit suivre exactement ce que le médecin a indiqué.

La prévention, elle, tient à des habitudes très concrètes : boire suffisamment d'eau, au moins un litre et demi par jour, et ne pas retenir ses urines, en vidant complètement la vessie. S'y ajoutent l'essuyage de l'avant vers l'arrière après les selles, le fait de ne pas se retenir d'aller à la selle, l'abandon des sous-vêtements synthétiques et des vêtements trop serrés, et le réflexe d'uriner rapidement après un rapport sexuel. L'usage du préservatif est conseillé lors des rapports par voie vaginale en cas de suspicion, comme par voie anale. Enfin, une hygiène alimentaire et corporelle soignée reste la base. Vous pouvez consulter la façon dont cette fiche a été construite pour comprendre ce que ce guide dit, et ce qu'il ne dira jamais à votre place.

Voir aussi en vidéo

Le professeur Gilbert Deray, néphrologue, détaille les habitudes qui limitent réellement les récidives d'infection urinaire.

Préventions des infections urinaires - 2 minutes pour comprendre, Médecine TV, publiée le 19 avril 2022. La lecture charge YouTube et dépose ses cookies.

Questions fréquentes

Les enfants peuvent-ils faire une infection urinaire ?

Oui, et les signes n'ont pas la même allure que chez l'adulte. Chez l'enfant, on décrit de la fièvre, des pleurs au moment d'uriner, une énurésie ou de simples maux de ventre, ce qui rend le repérage difficile pour les parents. Chez le nourrisson et le nouveau-né, les manifestations sont encore plus discrètes : refus de s'alimenter, fièvre et troubles gastro-intestinaux. Chez l'enfant, l'infection est souvent liée à une malformation anatomique de l'appareil urinaire, ce qui justifie un avis médical plutôt qu'une attente.

Qu'est-ce qu'un antibiogramme, et pourquoi le médecin le demande ?

L'antibiogramme est un test de laboratoire qui confronte le germe prélevé chez le patient à différentes molécules antibiotiques, afin de voir lesquelles restent efficaces contre lui. Il permet au médecin de prescrire la molécule adaptée au germe réellement en cause, plutôt qu'un traitement choisi à l'aveugle. Cette étape sert aussi à limiter les cas de résistance aux antibiotiques, un phénomène qui rend certains germes de plus en plus difficiles à éliminer. Il fait suite au prélèvement d'urines analysé en laboratoire.

Que faire pour limiter les récidives ?

Les mesures décrites tiennent à l'hygiène de vie et aux habitudes quotidiennes : boire au moins un litre et demi d'eau par jour, ne pas retenir ses urines et vider complètement sa vessie, uriner peu après un rapport sexuel, s'essuyer de l'avant vers l'arrière après les selles et ne pas différer le passage aux toilettes. Le choix des vêtements compte également, les sous-vêtements synthétiques et les vêtements trop serrés étant à éviter. Aucune de ces mesures ne remplace une consultation quand les signes reviennent, et un enchaînement d'épisodes mérite d'être signalé à un médecin.

Cette fiche est une information de vulgarisation. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute, consultez un médecin.