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Maladies éruptives de l'enfant : reconnaître les boutons

Mis à jour le · Par la rédaction de Santé à la Loupe

Plusieurs maladies de l'enfance se manifestent par une éruption cutanée, et c'est l'aspect des lésions, leur point de départ et la fièvre qui les accompagne qui permettent de les distinguer. Chez un enfant, certains signes imposent une consultation sans attendre.

Maladies éruptives de l'enfant : reconnaître les boutons

Cinq éruptions virales reviennent le plus souvent chez l'enfant : la varicelle, l'érythème infectieux appelé aussi cinquième maladie, la roséole, la rubéole et la rougeole. Elles partagent un point commun visible, des plaques ou des boutons sur une large partie du corps, mais ni le virus en cause, ni le mode de transmission, ni les précautions à prendre ne sont les mêmes.

Un exanthème est une infection qui provoque une éruption cutanée recouvrant la majeure partie du corps. C'est le terme médical qui regroupe les maladies éruptives de l'enfant, quelle que soit la cause, virale ou bactérienne. Toutes les éruptions de l'enfant n'entrent pas dans cette catégorie : des plaques en relief qui démangent et se déplacent d'une heure à l'autre relèvent plutôt de l'urticaire, qui n'est pas une infection.

Pourquoi ces maladies portent-elles des numéros ?

Cela vient de l'histoire de la médecine, et le vocabulaire en a gardé la trace. Les exanthèmes de l'enfance étaient autrefois regroupés sous une seule étiquette. Les médecins ont d'abord séparé la rougeole de la variole, puis six exanthèmes distincts ont été identifiés à partir de ce que l'on appelait alors la rougeole, chacun recevant un numéro.

La rougeole et la scarlatine furent les deux premières à se détacher. La rubéole, dite rougeole allemande, est devenue la troisième maladie, la scarlatine atypique la quatrième, l'erythema infectiosum la cinquième et la roséole la sixième. Ces numéros circulent encore, en particulier la cinquième maladie.

Une distinction compte plus que la numérotation : la scarlatine et la scarlatine atypique sont dues à des bactéries streptocoques, les autres sont virales. D'où deux univers séparés, celui des infections dues à des bactéries et celui du panorama des infections virales. Côté viral, on sépare encore les virus à ADN, varicelle, érythème infectieux et roséole, des virus à ARN, rubéole et rougeole.

Les cinq éruptions virales les plus fréquentes

MaladieAutre nomVirus en causeTransmission
VaricelleNon numérotée dans le classement historiqueVirus varicelle zonaContact direct, gouttelettes, voie aérienne
Érythème infectieuxCinquième maladie, mégalérythème épidémiqueParvovirus B19Contact avec les sécrétions respiratoires
RoséoleSixième maladieHerpèsvirus humains HHV 6 et HHV 7Contact fécal oral, gouttelettes en suspension dans l'air
RubéoleRougeole allemande, troisième maladieTogavirus à ARNVoie aérienne, contact étroit, transmission de la mère au fœtus
RougeolePremière maladieMorbillivirus, de la famille des paramyxovirusGouttelettes respiratoires du nez, de la bouche ou de la gorge

La varicelle est extrêmement contagieuse. Elle débute par des signes légers, suivis de lésions cutanées qui apparaissent par poussées successives : d'abord des macules, taches plates sur la peau, puis des papules, petites élevures, puis des vésicules, ces cloques remplies de liquide, et enfin une croûte. C'est ce mécanisme qui explique le zona des décennies plus tard. Particularité notable, le matériel génétique du virus s'intègre durablement à l'ADN des cellules infectées et peut réapparaître plus tard sous la forme d'un zona si le système immunitaire s'affaiblit, un mécanisme de réveil que l'on retrouve dans les poussées d'herpès sur le visage.

L'érythème infectieux se manifeste souvent si discrètement que beaucoup de parents ne s'aperçoivent de rien. Les symptômes mettent quatre à vingt et un jours à apparaître : fièvre, maux de tête, maux d'estomac et courbatures ouvrent l'épisode. Après quelques jours de malaise, des plaques rouge vif peuvent apparaître sur les joues. Une seconde éruption, différente, touche parfois la poitrine, le dos, les bras et les jambes, avec cet aspect reconnaissable de dentelle rose posée sur la peau. Elle va et vient pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, surtout après une exposition au soleil ou un effort physique.

La roséole, elle, se signale surtout par une forte fièvre, sans que les enfants infectés tombent généralement gravement malades. Elle a été décrite pour la première fois en 1910 par J. Zahorsky, dans la revue Pediatrics. Le lavage soigneux des mains reste l'un des moyens les plus simples d'éviter la contamination.

Ce que la rougeole et la rubéole ont de particulier

La rubéole se transmet par voie aérienne ou par contact étroit, mais aussi de la mère infectée au fœtus. Le moment de la grossesse change tout. Avant la 11e semaine d'aménorrhée, le risque de malformations est très élevé, de l'ordre de 70 à 100 % ; entre la 12e et la 18e semaine il varie de 15 à 80 %, avec la surdité au premier plan ; au-delà, il devient quasi nul. C'est ce syndrome de rubéole congénitale qui justifie le contrôle du statut immunitaire avant une grossesse. Un enfant peut alors présenter tout ou partie des atteintes décrites : problèmes cardiaques, problèmes oculaires dont la cataracte et le glaucome, handicaps intellectuels, retard de croissance, faible poids de naissance, retards de développement, troubles de l'apprentissage, surdité, diabète, foie et rate augmentés de volume, lésions cutanées et saignements.

Attention à ne pas confondre les deux, car elles n'ont ni la même gravité ni la même prise en charge.

La rubéole donne une fièvre modérée, une éruption rose qui commence au visage puis descend vers le cou, le tronc et les membres en s'effaçant à mesure, et surtout des ganglions douloureux à l'arrière du cou et derrière les oreilles, qui en sont le signe le plus évocateur. Les adolescents s'en tirent parfois avec des douleurs articulaires. Ces signes apparaissent quatorze à vingt et un jours après le contact.

La rougeole, elle, se transmet par les gouttelettes respiratoires et frappe plus fort : une fièvre élevée, à 38,5 °C et souvent bien au-delà, précède l'éruption de deux à quatre jours, accompagnée d'une toux, d'un nez qui coule, d'une conjonctivite et d'une grande fatigue. De petites taches blanches à l'intérieur des joues, le signe de Köplik, signent le diagnostic quand elles sont présentes. L'éruption démarre derrière les oreilles et sur le visage, puis descend en trois jours jusqu'aux pieds. L'incubation dure dix à quatorze jours. C'est une maladie à déclaration obligatoire, aux complications respiratoires et neurologiques réelles.

La rubéole n'est pas la seule infection qui change de statut pendant une grossesse : la toxoplasmose suit la même logique, avec une surveillance mensuelle quand la sérologie est négative.

Que fait la vaccination, et pour quelles maladies ?

Elle ne couvre pas tout, et le calendrier français n'est pas celui d'autres pays. Contre la varicelle, la France ne pratique pas de vaccination généralisée des nourrissons. La vaccination est proposée à des situations précises, chez les personnes sans antécédent de varicelle : les adolescents de 12 à 18 ans, les femmes en âge d'avoir des enfants, l'entourage proche de personnes immunodéprimées, les professionnels de santé et de la petite enfance, ou en rattrapage après une exposition chez les plus de 12 ans. Elle est contre-indiquée pendant la grossesse. La Haute Autorité de santé réexamine depuis 2025 l'opportunité de l'étendre aux nourrissons.

Contre la rubéole et la rougeole, la protection passe par le vaccin ROR, dirigé contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. En France, il est obligatoire pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018 : une première dose à 12 mois, une seconde entre 16 et 18 mois, prise en charge à 100 % jusqu'à 17 ans révolus. Le calendrier applicable à un enfant donné, et le rattrapage éventuel d'un adolescent ou d'un adulte, se discutent avec un professionnel de santé.

Deux maladies restent sans vaccin. L'érythème infectieux n'en a aucun à ce jour, et aucun traitement n'est généralement requis chez l'enfant infecté, en dehors de médicaments destinés à contrôler la fièvre et d'éventuelles douleurs articulaires. La roséole non plus, les enfants infectés ne tombant généralement pas gravement malades.

Pour la varicelle, le diagnostic est clinique, c'est-à-dire posé sur l'examen de l'enfant. Les personnes à risque de complications graves reçoivent une prophylaxie après exposition, à base d'immunoglobulines, et un traitement antiviral si la maladie se déclare, ce qui relève entièrement du médecin.

Le repère à garder tient en une phrase : ce n'est pas l'aspect de l'éruption qui décide de la gravité, c'est l'état de l'enfant. Une éruption discrète chez un nourrisson fragile inquiète davantage qu'une éruption spectaculaire chez un enfant en pleine forme. Sur les virus respiratoires de l'hiver, voir aussi ce que provoque le virus de la grippe.

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La campagne de Santé publique France sur la rougeole : pourquoi la maladie circule encore et comment vérifier son statut vaccinal.

Rougeole : tous concernés ! Êtes-vous bien vacciné ? Version longue, Santé publique France, publiée le 4 juin 2026. La lecture charge YouTube et dépose ses cookies.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la cinquième maladie ?

La cinquième maladie est un autre nom de l'érythème infectieux, une éruption virale de l'enfance. Ce numéro vient d'un classement historique où six exanthèmes infantiles avaient été identifiés puis numérotés, l'erythema infectiosum ayant reçu le cinquième rang. Elle se transmet par contact avec les sécrétions respiratoires et se manifeste souvent par des plaques rouge vif sur les joues après quelques jours de fièvre, puis par une éruption en dentelle rose sur le tronc et les membres. Il n'existe à ce jour aucun vaccin contre elle.

La varicelle peut-elle revenir plus tard dans la vie ?

Le virus varicelle zona ne quitte pas l'organisme après l'épisode initial. Son matériel génétique s'intègre de manière permanente à l'ADN des cellules infectées et y reste silencieux. Il peut réapparaître sous la forme d'un zona lorsque le système immunitaire s'affaiblit. C'est ce mécanisme qui explique qu'une maladie contractée dans l'enfance se manifeste à nouveau, sous une autre forme, des années plus tard.

Une femme enceinte doit-elle s'inquiéter d'une rubéole dans l'entourage ?

La rubéole peut être transmise d'une mère infectée à son fœtus, ce qui en fait une situation à signaler rapidement à un professionnel de santé. Le risque dépend surtout du terme : très élevé avant la 11e semaine d'aménorrhée, encore significatif entre la 12e et la 18e, quasi nul ensuite. L'enfant peut naître avec un syndrome de rubéole congénitale, qui associe selon les cas des malformations cardiaques, des atteintes oculaires, une surdité ou des retards de développement. Le virus se propageant par voie aérienne ou par contact étroit, une exposition reste possible sans contact prolongé. Seul un médecin peut évaluer le risque réel dans une situation donnée.

Cette fiche est une information de vulgarisation. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute, consultez un médecin.