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Izalgi : à quoi sert cet antalgique associant paracétamol et opium ?

Mis à jour le · Par la rédaction de Santé à la Loupe

Izalgi est un antalgique délivré sur ordonnance qui associe 500 mg de paracétamol et 25 mg de poudre d'opium, une association réservée aux douleurs aiguës modérées à fortes qui ne cèdent pas au paracétamol, à l'ibuprofène ou à l'aspirine pris seuls. Douleur dentaire après extraction, entorse, lombalgie aiguë ou suites opératoires figurent parmi les situations où ce médicament est le plus souvent p

Izalgi : à quoi sert cet antalgique associant paracétamol et opium ?

Izalgi est un antalgique délivré sur ordonnance qui associe 500 mg de paracétamol et 25 mg de poudre d'opium, une association réservée aux douleurs aiguës modérées à fortes qui ne cèdent pas au paracétamol, à l'ibuprofène ou à l'aspirine pris seuls. Douleur dentaire après extraction, entorse, lombalgie aiguë ou suites opératoires figurent parmi les situations où ce médicament est le plus souvent prescrit. Comme tout dérivé opiacé, il expose à des effets indésirables spécifiques et à des règles de prise strictes qu'il vaut mieux connaître avant la première prise.

Qu'est-ce qu'Izalgi et pour quelles douleurs est-il prescrit ?

Izalgi appartient à la famille des antalgiques de palier II, c'est-à-dire des médicaments d'intensité intermédiaire entre le paracétamol simple et la morphine. Il est indiqué dans le traitement symptomatique des douleurs aiguës d'intensité modérée à intense, notamment après une extraction dentaire, une intervention chirurgicale mineure, un traumatisme ou une poussée douloureuse chronique (arthrose, lombalgie). Certains patients rapportent un soulagement dès 45 minutes après la prise, mais le délai d'action varie selon les personnes et l'intensité de la douleur initiale.

Quelle est la composition d'Izalgi : paracétamol et poudre d'opium ?

Chaque gélule contient 500 mg de paracétamol, l'antalgique et antipyrétique le plus utilisé au monde, associé à 25 mg de poudre d'opium titrée à 10 % de morphine, soit environ 2,5 mg de morphine par prise. Cette combinaison fonctionne sur le principe de la synergie : le paracétamol agit sur la douleur au niveau périphérique et central, tandis que la morphine contenue dans la poudre d'opium potentialise l'effet antalgique par action sur les récepteurs opioïdes du système nerveux. C'est cette même logique d'association qui explique pourquoi Izalgi est classé parmi les antalgiques opiacés, au même titre que les spécialités contenant de la codéine ou du tramadol.

Comment prendre Izalgi ? Posologie et durée du traitement

La posologie usuelle chez l'adulte est la suivante :

  • 1 gélule par prise, à renouveler si nécessaire après 4 à 6 heures ;
  • ne jamais dépasser 4 gélules par 24 heures (soit 2 g de paracétamol et 100 mg de poudre d'opium au maximum) ;
  • respecter un intervalle minimal de 4 heures entre deux prises ;
  • ne pas poursuivre le traitement au-delà de 4 à 5 jours sans avis médical.

Chez les personnes de moins de 50 kg, en cas d'insuffisance hépatique, d'insuffisance rénale sévère, de dénutrition ou d'alcoolisme chronique, la dose totale de paracétamol doit être réduite à 3 g par jour maximum. Contrairement à d'autres traitements dont la posologie dépend parfois de la corpulence (le calcul de l'indice de masse corporel chez la femme permet par exemple d'évaluer ce paramètre), l'ajustement d'Izalgi repose surtout sur le poids absolu et l'état des fonctions hépatique et rénale, pas sur l'IMC lui-même.

Izalgi et codéine : quelles différences entre ces deux antalgiques opioïdes ?

Izalgi est souvent comparé aux spécialités à base de paracétamol et codéine (Dafalgan codéiné, Efferalgan codéiné). Une étude clinique a montré que l'association paracétamol et poudre d'opium n'est pas inférieure à l'association de référence paracétamol et codéine en termes d'efficacité antalgique. La différence tient surtout au métabolisme : la codéine doit être transformée en morphine par le foie via une enzyme dont l'activité varie fortement d'un individu à l'autre, ce qui rend son effet imprévisible chez certains patients. La poudre d'opium contient déjà de la morphine active, sans passer par cette étape de transformation. En pratique, certaines personnes tolèrent mal la codéine mais supportent bien Izalgi, et inversement, ce qui explique pourquoi les médecins alternent parfois entre les deux molécules.

Quels sont les effets secondaires d'Izalgi ?

Comme tout dérivé opiacé, Izalgi peut provoquer des effets indésirables typiques des morphiniques, en plus des effets connus du paracétamol :

  • constipation, l'effet secondaire le plus fréquemment rapporté ;
  • somnolence et sensation de vertige ;
  • nausées, vomissements ;
  • insomnie paradoxale chez certains patients ;
  • plus rarement : réactions allergiques cutanées, difficultés respiratoires, confusion, bronchospasme.

La constipation étant fréquente, il est conseillé de boire suffisamment et de privilégier une alimentation riche en fibres pendant le traitement. Si des troubles du sommeil inhabituels apparaissent, mieux vaut ne pas les confondre avec d'autres phénomènes du sommeil sans rapport avec le médicament, comme la paralysie du sommeil, un trouble distinct lié au cycle veille-sommeil qui persiste indépendamment de toute prise médicamenteuse.

Qui ne doit pas prendre Izalgi ? Contre-indications et précautions

Izalgi est contre-indiqué dans plusieurs situations :

  • chez les enfants de moins de 15 ans ;
  • en cas de grossesse, sauf nécessité absolue jugée par le médecin, en raison du risque de répercussions sur le nouveau-né en fin de grossesse ;
  • pendant l'allaitement, car la morphine passe dans le lait maternel ;
  • en cas de maladie hépatique grave, d'asthme ou d'insuffisance respiratoire ;
  • en association avec la buprénorphine, la nalbuphine, la pentazocine ou la naltrexone.

Une prudence particulière s'impose également en cas de traitement associant d'autres substances sédatives : la somnolence liée à Izalgi peut être majorée par la prise concomitante d'un antihistaminique, d'un anxiolytique ou de tout autre médicament ayant un effet dépresseur sur le système nerveux central. Il faut aussi systématiquement vérifier l'absence de paracétamol dans les autres médicaments pris en parallèle, pour ne pas dépasser la dose quotidienne maximale.

Izalgi, alcool, conduite et grossesse : quels risques particuliers ?

L'alcool est fortement déconseillé pendant le traitement, car il majore la somnolence provoquée par la poudre d'opium et augmente le risque hépatotoxique du paracétamol. Pour la même raison, la conduite de véhicules et l'utilisation de machines sont déconseillées, en particulier en début de traitement ou en cas de prise conjointe d'autres médicaments sédatifs. Un usage prolongé et à dose élevée peut entraîner un état de dépendance, ce qui justifie de limiter la durée du traitement et de ne pas augmenter les doses sans avis médical, même en cas de douleur persistante.

Que faire en cas d'oubli de prise, de surdosage ou de douleur persistante ?

En cas d'oubli, il suffit de reprendre le traitement à l'heure suivante prévue, sans jamais doubler la dose. En cas de surdosage ou de prise accidentelle d'une dose trop élevée, il faut consulter immédiatement un médecin ou contacter un centre antipoison, même en l'absence de symptômes immédiats : la toxicité hépatique du paracétamol peut se manifester plusieurs heures après la prise. Si la douleur persiste au-delà de 4 à 5 jours malgré un traitement bien conduit, il ne faut pas prolonger la prise d'Izalgi de sa propre initiative : une consultation médicale s'impose pour rechercher la cause de la douleur et adapter la stratégie thérapeutique, éventuellement avec un antalgique différent ou des examens complémentaires.

Foire aux questions sur Izalgi

Izalgi est-il plus fort que le Doliprane ?

Oui, Izalgi est plus puissant que le paracétamol seul (Doliprane) grâce à l'ajout de poudre d'opium. Il est réservé aux douleurs qui résistent au paracétamol, à l'ibuprofène ou à l'aspirine utilisés seuls, ce qui en fait une option de second recours et non un traitement de première intention.

Izalgi rend-il somnolent ?

Oui, la somnolence figure parmi les effets indésirables fréquents de la poudre d'opium contenue dans Izalgi. Ce risque justifie la prudence pour la conduite automobile et l'utilisation de machines, surtout en début de traitement.

Peut-on acheter Izalgi sans ordonnance ?

Non, Izalgi est un médicament soumis à prescription médicale obligatoire en raison de sa teneur en poudre d'opium, un dérivé morphinique classé comme stupéfiant apparenté.

Combien de temps peut-on prendre Izalgi ?

Le traitement doit rester le plus court possible, généralement quelques jours. Si la douleur persiste au-delà de 4 à 5 jours, il est recommandé de consulter à nouveau un médecin plutôt que de poursuivre le traitement seul.

Izalgi provoque-t-il de la constipation ?

Oui, la constipation est l'un des effets secondaires les plus fréquemment rapportés avec Izalgi, comme avec la plupart des antalgiques opiacés. Une bonne hydratation et une alimentation riche en fibres permettent souvent de limiter ce désagrément.

Cette fiche est une information de vulgarisation. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute, consultez un médecin.